Café faux alimentLe café n’est pas votre meilleur ami, c’est même un faux ami ! Les naturopathes le classent parmi les faux aliments. En voici les raisons…

Le corps considère le café comme « poison ». Entendons-nous bien, vous ne tombez pas en apoplexie à chaque fois que vous en buvez. Mais parmi les composants du café, notre organisme ne sait pas se servir des alcaloïdes ni de la caféine, reconnus comme indigestes et fortement acidifiants. Ne pouvant rien en faire, il s’active à les éliminer le plus rapidement possible et c’est là que commence les problèmes…

Une digestion malmenée

Au niveau physiologique, la prise de café provoque une chasse dans le tube digestif afin de l’en débarrasser. Sur le modèle de la « chasse d’eau », tous les émonctoires s’ouvrent et par ici la sortie ! C’est d’ailleurs ce qui provoque l’effet laxatif du café et ce ne serait pas si mal si cela n’impliquait pas tout le contenant du système digestif.

Petit rappel de physiologie : lors de la digestion d’un repas, l’estomac sert –entre autres– de poche de stockage et le sphincter du nom de pylor fait passer au compte-goutte le bol alimentaire dans la première partie de l’intestin, appelée duodémum. C’est là qu’un travail chirurgical s’opère : chaque enzyme redécoupe les molécules de façon à ce qu’elles puissent être assimiler, c’est-à-dire passer la paroi intestinale jusqu’à la circulation sanguine.

Comprenez que si tout le contenu de l’estomac arrive d’un coup, c’est comme un tsunami. Impossible de faire dans la dentelle ! Voilà donc l’aberration du café après déjeuner. On a vidé l’estomac, mais l’intestin doit se débrouiller tout l’après-midi pour faire face à l’afflux de matières à traiter. Quelle énergie gaspillée et bienvenue à la fatigue post-prandiale, sans parler des ballonnements, gaz, etc ! Vous prendrez bien une petite sieste ? (même s’il est très intéressant de siester après manger, il est dommage d’y être contraint…)

Des surrénales à plat

D’un point de vue nerveux, cette chasse provoque une alerte, notamment des glandes surrénales qui sécrètent le cortisol (hormone de réponse au stress). La résolution du stress nécessite un grand et soudain besoin en énergie. La plus rapidement disponible étant l’énergie nerveuse, les plexus nerveux qui jalonnent notre corps se vident brusquement mettant à disposition ce qu’il faut pour l’élimination. Ce phénomène est responsable du petit coup de fouet tant recherché dans le café et qui en fait une boisson stimulante : on a l’impression d’avoir la pêche, mais on a déchargé les batteries…

Vous comprendrez donc qu’enchaîner les cafés n’est pas vraiment la solution pour conserver le tonus. C’est aussi pourquoi les grands consommateurs de café peuvent en boire jusqu’au soir. Cela ne leur fait plus rien, puisque, de toute façon, il n’y a plus rien ! L’état d’alerte permanent créé par l’excitation nerveuse répétée peut conduire à l’irritabilité, à des difficultés de concentration, des troubles du sommeil, voire des crises de panique et le plus souvent à la fatigue chronique.

En résumé, notre cher petit liquide noir :

  • excite, plutôt que de réveiller
  • déshydrate (d’où le verre d’eau servi avec)
  • stoppe la digestion au lieu de l’aider
  • acidifie et déséquilibre estomac, intestin et foie, avec répercussions sur les os
  • augmente la pression sanguine par vasoconstriction des vaisseaux sanguins
  • diminue l’absorption de nombreux nutriments grâce à son fort pouvoir chélateur (sorte d’inhibition)

Mais alors, on ne peut plus en boire du tout ?

D’abord, « on fait ce qu’on veut, quand on sait ce qu’on fait ». Plusieurs informations à prendre en compte :

– notre taux de cortisol dans le sang est à son pic le matin entre 6h et 9h. A elle seule, cette hormone est capable de nous réveiller et de nous mettre en action. A quoi bon, lui mettre des bâtons dans les roues !

– selon la démonstration ci-dessus, vous l’avez compris, ce n’est pas le café qui vous apporte de l’énergie, il a plutôt tendance à la gaspiller ;

– toujours selon ci-dessus, il vaut mieux ne pas mélanger café et aliments si l’on veut une digestion rapide, efficace et pas trop énergivore.

Comme dans les énigmes pour enfant, en combinant ces différents points, le café idéal se prendrait :

Café vrai faux aliment

  • en milieu de matinée, vers 10-11h,
  • sur un estomac vide
  • à raison d’un seul par jour

Quoiqu’il arrive, sa consommation doit être raisonnée pour ne pas tomber dans une forme de dépendance. Ce qu’on pourrait alors appeler « sevrage » est à opérer de façon progressive pour ne pas souffrir de violents maux de tête.

Il est bien sûr à proscrire chez les personnes souffrant de reflux gastro-œsophagien, de troubles du sommeil et d’anémie, car la présence de tanins empêche la bonne absorption du fer*.

Changer ses habitudes

Pour économiser les surrénales et conserver la santé, il est plus prudent d’adopter une consommation modérée de café. Nous avons répertorié ici quelques idées que nous proposons souvent comme alternatives :

Pour les inconditionnel.les du goût : la chicorée soluble. Il s’agit d’un mélange de racine de chicorée et de céréales torréfiées. Chaque marque a sa propre recette, à explorer pour trouver celle que vous préférez.Gula Java Matcha et Roisbos_AmanPrana

Pour les accros au coup de fouet : les boissons toniques. Vous trouverez dans cette catégorie les infusions comme le maté, le thé vert au gingembre ou la tisane au ginseng ; les boissons à base de thé matcha (notre chouchou vient de la marque Amanprana) ; les ampoules d’eau de mer hypertonique (riche en minéraux et oligo-éléments)…

Pour les épicuriens qui recherchent le confort digestif : les infusions de romarin, thym, menthe

Pour les raisonnables qui voudraient économiser leurs nerfs : les tisanes calmantes. Testé et approuvé, les tisanes « Bonne nuit », « Sommeil », etc. ne vont pas vous faire tomber dans la somnolence, mais calmer le jeu. Cela permet de conserver une énergie nerveuse plus stable tout au long de la journée (hors repas). A choisir ou combiner parmi les plantes : verveine, tilleul, camomille, fleur d’oranger…

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* Hurell RF, Reddy M, Cook JD – Inhibition of non-haem iron absorption in man by polyphenolic-containing beverages – NCBI – avr. 1999

Pour toute question sur cet article, contactez vos naturopathes !

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