Sudation, gommage, brossage, températures sont pratiqués de longue date à des fins d’hygiène de vie. Si les bains, sauna, hammam ou enveloppements visent essentiellement la peau, ils ont aussi des répercussions positives sur l’ensemble du corps.
Au même titre que les reins, le foie, les intestins et les poumons, la peau fait partie des émonctoires du corps. Les naturopathes l’utilisent comme une voie d’élimination préférentielle des déchets car, étendue, résistante et sous-utilisée, elle est fort efficace pour soulager les autres filtres, souvent engorgés ou fatigués. La technique de choix pour la solliciter sera l’hydrologie qui, par l’action des températures sur la peau, déplace les liquides et stimule les différentes couches cellulaires. Utilisée depuis des millénaires, l’eau a toujours sa place dans l’hygiène de vie.

Des bains dans toutes les traditions

Dès l’Antiquité, l’usage du bain était répandu dans les civilisations égyptienne, hébraïque, romaine, perse, chinoise ou encore grecques, intimement lié aux préceptes religieux et à l’entrainement physique dans les gymnases. D’abord froids pour stimuler la vitalité, les bains sont ensuite pratiqués chauds pour favoriser le repos musculaire.
Après un Moyen-Age adepte de l’hygiène dans les “étuves”, les bains disparaissent au cours de la Renaissance. En Europe, vers 1840, le Dr Georgia Kneipp remet le bain froid au goût du jour dans l’objectif de renforcer l’organisme. Vers les années 1930, le docteur russe Alexandre Salmanoff vante l’utilisation des bains hyperthermiques pour le traitement des maladies et le nettoyage du sang.
Dans chaque région du monde, les peuples utilisent la chaleur pour nettoyer corps et esprit. En Amérique du Nord et en Russie, les huttes de sudation et les banias servent depuis plus de 2000 ans, tandis que la Finlande a développé une expertise du sauna qui fait partie des mœurs scandinaves. Plus au Sud, la tradition orientale du hammam perdure comme pratique d’hygiène corporelle, combinant bain de vapeur et exfoliation.

Vapeur ou chaleur sèche, la peau à contribution

Venu du Maghreb, le hammam se pratique autour de 45°C en milieu humide. Associé à l’application de savon noir et à un gommage vigoureux, son objectif est de ramollir la peau pour mieux la nettoyer. Les glandes sébacées sont mises à contribution pour éliminer les déchets gras. La couche basale, productrice de l’épiderme, est stimulée, participant à la bonne santé de la peau qui se fait douce.
Le sauna est presque deux fois plus chaud que le hammam avec une atmosphère sèche de 20 à 30 % d’humidité seulement. L’objectif est de faire fonctionner les glandes sudoripares et rétablir l’équilibre acido-basique. La fonction rénale est ainsi soulagée et l’élimination acide maximisée. Dans le sauna, on entre sec et on ressort mouillé de sa propre eau qui emporte avec elle les déchets organiques.

Le sauna sec pour le plaisir de transpirerSauna portrait © Naturôme

La séance de sauna traditionnel est une parenthèse santé idéale. A pratiquer de façon régulière pour en tirer tous les bénéfices : comme les Finlandais, tous les 2 ou 3 jours, ou au moins une fois par semaine pour une hygiène de vie performante.
Conçue pour optimiser l’élimination, la séance se découpe en plusieurs phases :

  • tout d’abord une douche chaude ou une friction générale du corps (avec une brosse à sec ou au vinaigre) qui active la peau et stimule la circulation ;
  • l’entrée dans la cabine de sauna se fait corps et cheveux secs, installé sur une serviette sèche également ; la sudation se produit en 10 à 15 minutes ;
  • une douche permet de rincer les toxines éliminées : plus elle est froide, plus elle revitalise ;
  • un temps de repos d’au moins 15 minutes est nécessaire pour que le corps et le cœur retrouvent leur équilibre ; les jambes surélevées aident la circulation retour et les yeux clos profitent du relâchement global.

Deux nouveaux cycles viendront compléter la séance, qui dure au minimum 1h30.
Pourquoi une séance en plusieurs fois ? Lorsque le corps est couvert de sueur, l’évaporation n’est plus possible, l’élimination atteint un seuil et l’organisme risque de monter en température. Les repos permettent la récupération en cours de séance et l’élimination de plus de toxines qu’en une seule session de 45 minutes.

Trois grandes règles :

  • Une seule contre-indication : ne pas transpirer ! Si le corps ne parvient pas à suer, on envisagera alors une rééducation des glandes sudoripares par plusieurs enveloppements chauds aux huiles essentielles, avant de réessayer.
  • Pas d’eau sur les pierres ! L’hygrométrie augmentant, la chaleur deviendrait insupportable.
  • Pour l’hygiène et le confort, le port du maillot de bain est fortement déconseillé. Il est donc préférable de pratiquer nu dans la mesure du possible, dans des saunas privatifs ou conçus pour une pratique hygiéniste, chez les naturopathes par exemple.

La douche froide, outil de revitalisation

Aspersion, bain, roulade dans la neige ou douche… se frotter au froid renforce l’organisme, stabilise les émotions et rééquilibre l’énergie.

Lire l’article sur Le paradoxe de la douche froide

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Les bienfaits santé du sauna

En France, peu de personnes profitent des bienfaits du sauna. Pourtant, des études démontrent que sa pratique régulière est particulièrement bonne pour le système cardiovasculaire (1). Le risque de décès par AVC serait réduit de 50 % chez les personnes le pratiquant de façon quasi quotidienne. Le temps passé a aussi une incidence : le risque de décès par crise cardiaque baisse de 52 % au-delà de 19 minutes par séance. Le protocole de trois fois 15 minutes est idéal !
A l’entrée dans le sauna, le cœur bat plus vite et le sang afflue vers la peau pour y amener la transpiration, dont l’évaporation “refroidit” l’organisme. Sous la douche (froide si possible), le sang reflue vers les organes. Ce brassage, telle une gymnastique circulatoire, fait travailler tout le système cardiaque et vasculaire. Le cœur ne force pas tant que la chaleur est évacuée par sudation. A long terme, le sauna améliore, par exemple, le contrôle de la tension chez le sujet hypertendu.
Le sauna utilise la peau comme porte de sortie. Par la sueur, le corps excrète l’acidité dont il doit se débarrasser. Ce faisant, il soulage le travail des reins. Après un entraînement de sport intensif, dans des situations de stress chronique, en cure détox…, le sauna maximise l’élimination des acides, responsables du vieillissement cellulaire. Des séances régulières améliorent, par exemple, les rhumatismes inflammatoires ou la fibromyalgie. Le sauna ne dessèche pas la peau ; il calme certaines affections dermatologiques liées à l’acidité de la peau, comme le psoriasis.
La chaleur aide la réparation musculaire et la décontraction mentale. Elle est particulièrement opportune après l’effort physique et en cas de fortes tensions. Et, à 90°C, elle empêche toute autre fonction que la régulation thermique, même la réflexion. Au sauna, impossible de ressasser les soucis, d’élaborer des plans, de réfléchir à une stratégie…

Hammam rime avec gommage

IMG_20150704_152749Si le sauna est un moyen de détoxifier en profondeur, le hammam est plutôt synonyme de nettoyage de la peau, car il est systématiquement associé au gommage. Souvent pratiqué en groupe, il est également source de convivialité et de détente. Les hammams traditionnels offrent la possibilité de circuler entre plusieurs salles de température et d’humidité plus ou moins élevées, permettant d’aller progressivement vers la chaleur et la moiteur à son rythme.
Après une quinzaine de minutes dans le hammam, on applique le savon noir, à la propriété émolliente. Un nouveau passage dans la vapeur parfait son action, la peau ramollit et le gommage peut avoir lieu. Il s’agit d’une friction énergique avec un gant de kassa au maillage rugueux qui débarrasse la peau des cellules mortes. Tout le corps y passe, plutôt des pieds vers la tête, face postérieure puis antérieure.
Sur le visage, on utilise le cas échéant un gant plus fin. Le gommage offre également un intérêt pour la microcirculation du sang et la circulation lymphatique, qui se situent juste sous l’épiderme. Intérêt d’autant plus marqué que la lymphe, une des “humeurs”, véhicule les déchets gras, ou colloïdaux, et qu’elle ne bénéficie pas d’une pompe comme le cœur pour la circulation sanguine. La bonne circulation lymphatique participe à l’épuration générale du corps.
La séance, qui se clôt par une douche, tiède pour éliminer les résidus du gommage, froide si l’on recherche l’effet coup de fouet, est une véritable opération “peau neuve”.
L’air saturé en humidité du hammam ne permet pas une sudation facile. Cela implique alors plus de précautions en cas d’insuffisance cardiovasculaire.

Et la peau dans tout ça ?

La peau a tout à gagner de ces différents traitements de choc. Au sauna, elle perd de son acidité et se fait moins sèche, moins réactive. Au hammam, elle s’en trouve régénérée. Au froid, elle devient résistante et “décapitonnée”.
Si, à cela, on ajoute du brossage à sec quotidien : adieu cellulite ! Avec un massage drainant entre deux passages au sauna : vive l’élimination ! Si on opte pour le massage relaxant à l’huile après le hammam : bonjour nutrition et relaxation !

Quelques précautions d’usage

Pour plus de confort, il est recommandé de pratiquer le sauna et le hammam à jeun ou d’avoir mangé léger et plutôt végétal.
L’eau sera la seule boisson consommée. Lorsque l’objectif est de détoxifier, il est préférable d’attendre la fin de séance pour boire. Cela permettra d’aller puiser l’eau des tissus et d’évacuer les toxines qui remontent avec. A la sortie, l’eau de source bue réhydratera l’ensemble du corps.
On évite de mélanger sauna et hammam au cours d’une même séance, car l’exercice n’est pas le même pour le corps. Ce serait trop de sollicitations. Mieux vaut pratiquer à fond une technique et alterner d’une fois sur l’autre.

– Article paru dans Biocontact n°269 de juin 2016 –

Naturôme dispose de 2 saunas et d’un hammam, dispense des massages adaptés à chacun, avec des conseils personnalisés

(1) Association Between Sauna Bathing and Fatal Cardiovascular and All-Cause Mortality Events – Laukkanen T. et al., JAMA Intern. Mad. 2015

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